Hypothèses de lecture

De la spéculation à la compréhension !

 

L’usage des hypothèses en lecture dans les pratiques pédagogiques est fondamental pour aider les apprenants à développer des capacités (mentales) essentielles à la construction globale de la compétence lectorale. Ils apprennent ainsi à anticiper sur un contenu à partir d’indices formels,  à inférer un sens supposé à partir d’une expérience de lecture, à mettre en rapport des indices pertinents, etc.

Or, les pratiques actuelles se limitent presque systématiquement aux hypothèses de lecture à partir des indices paratextuels (images, titres). Il y a par contre d’autres espaces textuels  où les hypothèses seraient plus performantes. Justement, la compétence textuelle et lectorale ne se limite pas uniquement à l'apprentissage de la relation entre le texte et le paratexte, elle interpelle plutôt d'autres aspects. 

Ainsi, N’importe quel texte, avec ou sans paratexte, on le sait, s’organise autour de niveaux hiérarchisés, integrés et interactifs qui permettent de générer des significations, des symboles, des idées, des normes, des convictions, etc.

Ces niveaux pourraient être comme suit :

  • Niveau paratextuel : texte + images, titres, illustrations, etc.
  • Niveau linguistique : texte + déroulement morphosyntaxique, champs lexicaux, etc.
  • Niveau stylistique : texte + figures, écarts, etc.
  • Niveau pragmatique : texte + positions, expressivité, etc.
  • Niveau culturel et symbolique : texte + valeurs, faits, etc.
  • Niveau thématique : texte + thèmes, idées, etc.
  • Niveau contextuel ; texte + genèse, intertexte, etc.
  • Etc.

C'est l'interaction entre ces niveaux qui crée ce que l'on appelle "construction du sens" d'un texte qui obéit, elle, à un processus de réflexion individuelle.

Si on se limite aux hypothèses du premier niveau, il serait difficile, voire impossible, de développer des compétences (de compréhension, d’interprétation, de réinvestissement) complètes et intégrales ; il y a même le risque de faire la promotion de lectures spéculatives et formelles, hâtives et partielles.

Il est donc fondamental, après les hypothèses paratextuelles qui devraient être très limitées dans le temps, de faire lire tout le texte plusieurs fois avec des consignes claires à propos de l’émission d’hypothèses qui rendent compte des autres niveaux selon l’objectif du jour et qui seront infirmées ou confirmées par l’analyse sereine, profonde et structurée des indices relevés et ciblés.

Par ailleurs, on ne peut pas bien sûr travailler tous les niveaux à la fois, c’est pourquoi, il faudrait diluer les apprentissages dans le temps : selon l’objectif, selon la nature du texte, selon la partie de compétence à développer, etc. on visera tel ou tel niveau textuel selon un projet de lecture progressif, cohérent et finalisé.

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