Apprentissages fondamentaux

La notion « d’APPRENTISSAGES FONDAMENTAUX », qui est très médiatisée, parait à priori attrayante puisqu’elle est assimilée, dans l’imaginaire éducatif collectif, à une sorte d’adaptation, d’allégement, de ciblage, etc. Néanmoins,  il est fort évident qu’elle est une notion à la fois trop disciplinaire et presque exclusivement cognitive. Elle est nécessaire sous certaines conditions, mais forcément insuffisante eu égard aux exigences de l’environnement psycho-socio-économico-culturel local, national et mondial, jalonné d'incertitudes et nourri de dloutes. Elle se refuse donc à la transversalité et à la complexité de l’acte d’apprendre et demeure trop scolaire et, partant, déconnectée de la dynamique de la vie en général. Elle impliquerait généralement un protocole d’apprentissage rigide, unique, techniciste, et reléguant les rapports interactifs, humains et spontanés au second plan. L’introduction excessive d’OUTILLAGE technologique (data show, tableaux interactifs, ..) pour la supporter, réduirait les opportunités de formation, de perfectionnement, de construction de la personnalité au profit d’acquisitions de savoirs de premier degré et d’une instrumentalisation  visée pour elle-même (pour la cas de l’outillage technologique, il vaudrait examiner les décisions prises par des systèmes éducatifs très performants, suédois par exemple).

Or, les défis d’aujourd’hui et de demain au vu des transformations de tout genre (sociales, culturelles, scientifiques, numériques, technologiques, etc.), devraient dépasser le cadre scolaire et viser des apprentissages utiles à la maitrise du présent et de l’avenir. Ils impliquent des savoirs (bien sûr), mais aussi, et SURTOUT,  des capacités intellectuelles, mentales, affectives et comportementales bien plus larges. On ne peut faire face aux défis d’aujourd’hui sans la maitrise des compétences complexes dont les « apprentissages fondamentaux » ne sont qu’une infime composante quand bien même elle serait efficace et adéquate.

Aujourd’hui, dans le contexte mondial, face à la construction de compétences telles l’esprit critique, la communication, l’engagement, la rigueur, le respect, la participation, la créativité, etc. , savoir lire un paragraphe ou maitriser des règles de grammaire ou encore savoir faire une opération de soustraction etc., paraitrait comme un petit caillou au milieu d’un fleuve en colère. Il  ne peut ni résister au flux impétueux, ni « amasser mousse ». La préparation aux examens et aux diplômes ne doit pas empiéter sur la formation de la personnalité et le développement de compétences complexes ; à examiner dans ce sens par exemple, certains tendances dans des pays riches et développés qui font primer la compétence sur le diplôme, l’activité sur le statisme, … .Dans tous les cas, la notion d’apprentissages fondamentaux, qui devrait être une étape plutôt préliminaire et très localisée, devrait être associée à d’autres types d’apprentissages, plus complexes plus connectés, plus profonds, plus intégrés, ouverts sur les humanités et simulant des situations de la vie réelle.

Date de dernière mise à jour : 11/02/2026

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