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Pensées numériques (13)

Est-il pensable de TOUT partager sur les réseaux sociaux?

Parmi les enjeux essentiels liés à la pratique de « partage » dans l’utilisation des réseaux sociaux et auxquels on devrait développer une vision,  des vigilances et des stratégies d’usage, il y a celui :

d’une part de la bonne gestion des tensions et des frontières entre la sphère publique et la sphère privée ;

  • et d’autre part de l’adoption d’une position responsable et sensée, dans le déploiement de soi (identité(s), statut social et professionnel, référents, rapport aux autres, rapports aux lieux privés,  …).

Dans ce cadre, (à part les contenus à usage ciblé, finalisé ou motivé), il est des comportements nouveaux générés par les réseaux sociaux, parmi lesquels surgit un certain MARKETING DE SOI ( qui pourrait dévoiler parfois une propension à l’exhibitionnisme) qui défie les normes et les pratiques socioculturelles et psychosociales reconnues, (au-delà des autres aspects positifs ou négatifs)  ; un marketing sous forme de photos, de messages et d’informations, qui pousse des individus à exploiter leurs propres familles, leurs progénitures, leurs parents, leur entourage professionnel, etc. en vue de vouloir « fabriquer »  une IMAGE DE MARQUE - qui serait peut-être fictive ou serait la synthèse d’une image inventée de toutes pièces par l’usage massif et superficiel des réseaux sociaux - d’une personne noble, spirituelle, compréhensive, transcendante, intellectuelle, fidèle, bonne, etc.

Les contenus de ce marketing, qui se veulent publics et qui sont publiés dans l’Agora bleu, consultés ou consultables  par tout le monde ou du moins par les amis et les abonnés, sont,  initialement  ou stricto sensu, destinés pour des usages intimes et dans des environnements très fermés : déclaration d’amour ou de respect conjugal ou filial, état de santé, détails de la vie privée, traditions et pratiques familiales, vœux très personnels ou strictement individuels, affaires personnelles, sujets très intimes, situations soumises au strict secret « familial », « relationnel » ou « professionnel », cérémonies très limitées, informations sous couvert d’anonymat, pratiques imprimées par la retenue et la réserve, etc.

On pourrait par exemple se demander ce que pourrait intéresser les internautes dans ce type de contenus si ce n’est l’exercice conscient ou inconscient du voyeurisme et ce qui empêcherait l’usager, au lieu d’en faire des confidences à tue-tête et à la cantonade,  d’adresser sa déclaration ici et maintenant en privé et directement à la personne ou aux personnes concernées.

L’usage itératif et récursif de ce type de marketing nourrit l’éclosion de pratiques étranges au milieu vécu et aux traditions reconnues socialement ; on s’habitue à mendier les compassions, la reconnaissance et l’admiration, à  rustiner des gloires factices, des exploits rêvés et des satisfactions impossibles, à relooker des expériences, des situations et des actes.  

Des risques collatéraux  peuvent découler de ce type de marketing qui peut exposer les personnes impliquées à des répercussions potentiellement coûteuses sur le plan psychosocial ou relationnel : vulnérabilité,  déstabilisation, manipulation de données, diffamations, intimidation, ironie, moquerie, etc.

Pour atténuer les effets indésirables issus de la publication à tout venant sur les réseaux sociaux Il est prioritaire d’inculquer aux usagers les VALEURS de la retenue, de la discipline, du respect de l’intimité et des intimités, de la protection des proches, de la sauvegarde de données bio-familiales, de la considération de certaines limites, etc. En effet, il n’est pas possible de TOUT publier quelles que soient les circonstances.

 

Date de dernière mise à jour : 23/03/2026

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