Créer un site internet

Pensées numériques (8)

Il est temps de fonder une "discipline" dédiée à la réflexion sur les phénomènes numériques et leurs incidences sociologiques, pédagogiques, culturelles, etc

 

L’être et le paraitre

Les réseaux sociaux ont eu ce grand succès de mettre en exergue la dualité immuable de l’être et le paraitre. Nombreux sont les usagers qui abordent en effet ce sujet sur « leurs » murs ou dans « leurs » comptes et se plaignent du paradoxe caractérisé entre les gens sur les pages des réseaux sociaux et ces mêmes gens dans la réalité, sans qu’ils soient, eux-mêmes, exclus de cet algorithme.

L’image de marque de soi qu’on essaie de vulgariser se veut toujours positive, valorisante, équilibrée, et la personnalité qu’on veut commercialiser se veut toujours compréhensive, humaine et humaniste, compatissante, translucide, gentille, bonne, douce, etc. Ce marketing numérique, appliqué uniquement aux personnes qui se connaissent (amis, proches, collègues, etc.) ou qui cherchent une amitié virtuelle,  se heurte à une réalité où l’agressivité, l’égoïsme, etc. prévalent.

Voici des réflexions qui sont exprimées par certains usagers et qui résument sobrement cette dichotomie entre l’être et le paraitre :

« Je crois que je suis le seul à aller en enfer ; toutes mes connaissances iront au paradis ; ils sont devenus sur les réseaux sociaux, subitement, subrepticement et par miracle, bons, gentils, doux, empathiques, pieux, altruistes, etc. »

« Mes amis sont devenus sur les pages des réseaux sociaux comme un jeune homme et une jeune fille à leur première rencontre après les fiançailles : ils n’échangent que les bons et beaux mots : aucun défaut, aucun malentendu, etc. »

« Je ne me reconnais pas sur les réseaux sociaux; je crois que je suis dans une autre société, dans une autre époque, … »

Ceux-ci n’échapperont pas, en revanche, à la même règle. Une version, revue et affinée, de l'arroseur arrosé.

Sans commentaires !

Des incidences inattendues et peut-être graves pourraient découler de l'écart enregistré entre l'être et le paraitre; elles se présenteraient globalement sous forme d'attitudes psychologiques et socioculturelles, qui pourraient être considérées comme des pathologies ou des dysfonctionnements comportementaux: il pourrait s'agir de la schizophrénie, des TDI (troubles dissociatifs d'identité), de l'hypocrysie, de la complaisance, de la transcendance, de l'arrogance, du narcissisme, de la mythomanie, de la mégalomanie, ... Ces comportements pourraient déboucher sur des actes et des attitudes violents: intimidation, manipulation, incivilités, agressions verbales, cynisme, etc.

Pédagogiquement et didactiquement, il est primordial d'inculquer aux élèves, à travers des situations d'apprentissage, des exemples tirés de la réalité ou de la fiction, des comportements, etc., les valeurs de l'honnêteté, du contentement, de la modération, du juste milieu, etc.

Date de dernière mise à jour : 13/06/2020

Ajouter un commentaire