Aux maux diagnostiqués, les vrais remèdes!

 

 

                   Le soutien pédagogique est une réponse pluridimensionnelle aux vrais besoins des élèves. Il s’agit, en effet, de proposer aux élèves dont les besoins sont différents, dont les lacunes sont diverses, dont les attentes sont hétéroclites, des palliatifs non seulement d’ordre cognitif, mais aussi d’ordre méthodologique, psychopédagogique et socioculturel puisque les difficultés d’apprentissage pourraient être le résultat d’une insuffisance pédagogique, socioculturelle ou psychologique.

Il est fondamental, à ce niveau, d’utiliser la rubrique « soutien » dans les manuels en vigueur avec beaucoup de précautions et de réserves. On ne peut justement assimiler le soutien à du préfabriqué, à du préconçu au goût du prêt-à-porter, à l’air du déjà servi. Le soutien ne peut, en aucun cas, précéder les apprentissages : on ne peut prédire un soutien efficace pour les élèves de l’an prochain, ou pour tous les élèves du royaume. Ce serait réduire le soutien à des activités ordinaires de révision sans véritables enjeux formateurs ; c’est ce qui explique, en grande partie, l’échec de la formule actuelle dans la mise à niveau des apprentissages, et c’est ce qui explique encore la faible adhésion des élèves en difficultés aux moments du soutien qu’il soit intégré, interne ou institutionnel (voir pour cela la note ministérielle n°138 de 1996). A la limite on pourrait concevoir ce qui est proposé dans les manuels comme étant des moments d’évaluation qui pourraient préparer le soutien proprement dit.

                 Le soutien est un couronnement des processus d’apprentissage et d’évaluation. Il doit, en effet, apporter les mises à jour nécessaires aux défaillances des apprentissages détectées ça et là. Sous forme d’activités consolidatrices, d’exercices correctifs, de palliatifs diversifiés, le soutien gagnera en efficience s’il est élaboré à partir des lacunes réelles des élèves et des vrais besoins hétérogènes du groupe classe. C’est pourquoi, il est essentiel de tenir un cahier journal qui permettra de consigner, quand il y a lieu, les lacunes des uns et des autres, auxquelles on reviendra lors des moments du soutien et qui pourraient, après un travail de sélection et de définition des priorités, alimenter ces séances d’arrêt bilan.

           Le soutien pourrait prendre la forme d’une :

  1. mise à niveau : aider les élèves à grandes difficultés.
  2. consolidation : appui aux apprentissages « moyens »
  3. perfectionnement : ouverture d’horizons d’attente à des élèves aux résultats satisfaisants.
  4. révision : certaines notions à revoir, à approfondir
  5. expérimentation d’une nouvelle démarche, d’un nouveau concept
  6. remédiation : cibler les réponses à des problèmes bien identifiés et généralement individuels..
  7. réhabilitation culturelle et/ou psychologique...

 

                    le soutien est aussi une façon différente de travailler : il requiert un changement des méthodes de travail et des techniques d’animation ; on est appelé, dans cette optique, à pratiquer le soutien différemment de ce qu’on faisait d’habitude pendant les activités ordinaires ; on  s’appuierait sur des outils différents, on ferait appel à des ressources inédites, à des idées nouvelles….adopter le travail par des groupes de besoins, puiser la documentation dans d’autres références, utiliser les nouvelles technologies, charger les élèves à  mener de petites recherches bien ciblées, constituer des fiches de travail, réunir des documents à intérêt commun, … sont des stratégies à introduire dans les moments du soutien.

 

 

                      L’examen de l’état actuel du soutien révélerait la centration des activités sur les savoirs d’ordre linguistique (grammaire, orthographe, conjugaison, rédaction, …). Ce qui est nécessaire mais insuffisant car les besoins des élèves sont aussi :

  1. culturels : il est difficile par exemple pour un arabophone ou un amazighophone de comprendre les différents temps et modes (problème à caractère cognitif) s’il  n’est pas culturellement imprégné de cette utilisation dans des textes littéraires/ d’auteurs. Il n'est pas possible également de maîtriser les techniques comiques et humoristiques de la blague sans une connaissance de références culturelles qui président à leurs conditions sociales et civilisationnelles de production.....
  2. psychologiques : pour certains élèves, il faut de la sécurité psychologique et affective qui leur permettra de s’investir davantage dans leurs études : des activités d’intégration dans le groupe, d’épanouissement …sont à prévoir dans ce sens.
  3. sociologiques : certain élèves apportent de chez eux la cause de leur échec (pauvreté, problèmes familiaux, …). Il est primordial d’essayer, à ce niveau,  de proposer une assistance adéquate (activités centrées sur  des solutions à ces problèmes, à la prise de conscience de  certains handicaps à surmonter…)

 

La constitution des groupes pourrait s’appuyer sur les travaux de la sociométrie : à partir de petites questions du genre : avec qui tu veux travailler ?, qui aimes-tu le plus en classe ?, etc…adressées aux élèves, on peut détecter les leaders, les rejetés, les réseaux d’affinités, les relations entre les élèves ; ..

 

Le cahier journal est un cahier

personnel de l’enseignant. Il est

 réparti en trois rubriques : date,

 activités, observations. En voila

une façon de le tenir :

Date

Activité

Observations

12/12/09

Lecture

 

* problèmes

de réponse

 aux questions commençant par : comment

*prononciation déficiente du son [w]

* mauvaise appréhension du paratexte.

 

13/12/09

langue

* confusion verbe être

 et faire au passé simple

Lors du soutien, on revient à ces

 remarques, on retiendra les

plus productives et les plus

 importantes et on élaborera les

activités appropriées

NB. on pourra même noter

les problèmes psychopédagogiques

 et socioculturels observés,

négociés, rapportés par une

tierce personne ou relatés par

les interessés eux-mêmes

 

Commentaires (3)

azeddine el asfouri
  • 1. azeddine el asfouri | 25/10/2014
la pédagogie de soutien est nécessaire pour améliorer les conditions d'apprentissage ,le niveau des élèves et la réussite scolaire.Cela ,en effet,nous oblige de diversifier notre auto-formation :le psychique ,le social et l'économique sont des facteurs essentiels à remédier chaque difficulté,à aider et à dépasser les lacunes le plus possible.
le modérateur
  • 2. le modérateur | 24/03/2012
La remédiation est une action continue. Elle peut prendre plusieurs formes:
1. instantanée: elle est intégrée à l'enseignement/apprentissage et pourrait être "improvisée". Elle vise généralement des erreurs ponctuelles (phrases mal formulée, prononciation défectueuse, règle mal appliquée, ...).

2. différée: elle intervient après une évaluation, après le regroupement des remarques puisées et priorisées dans le cahier journal, après l'analyse des erreurs, pendant la correction d'un devoir, ...). Elle vise principalement des erreurs fréquentes, récurrentes et posant problème pour les apprentissages ultérieurs. ce type de remédiation intervient après une séquence d'apprentissage, après un module, après quelques semaines, ..ou quand l'enseignant le juge nécessaire. ce type peut prendre le nombre d'heures suffisantes (généralement d'une à 4/6 heures)


Bonne chance
dima .M
  • 3. dima .M | 24/03/2012
s.v.p.j aime bien savoir le temps disponible en classe pour faire la remediation .et merci.

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