Déclencher des apprentissages

L'appétit vient en mangeant

 

Globalement, trois facteurs essentiels déclenchent une activité humaine d’apprentissage (dans toutes les situations, tous les domaines, etc.).

Ces trois facteurs sont inhérents à la dimension psychologique et psychique des individus. La philosophie en a fait des domaines fondamentaux de recherche.

Il s’agit des déclencheurs suivants : 1) le doute, 2) l’étonnement et 3) le besoin de questionner/ chercher.

Devant ces trois états, l’individu (n’importe qui) cherche à savoir, à dissiper le mystère, à découvrir la nature des choses, à assouvir un besoin intérieur, etc.

Dans le domaine de la didactique, en classe, on peut exploiter ces trois facteurs pour essayer de déclencher des apprentissages. On peut créer chez les élèves des états de doute cognitif, d’étonnement psycho-cognitif et d’installer chez eux un besoin de vouloir savoir, de vouloir apprendre.

C’est un processus fondamental capable de construire chez les élèves une MOTIVATION d’apprendre. (NB. La motivation doit se construire simultanément aux apprentissages ; elle n’est pas, comme il est communément admis, une condition préalable aux apprentissages)

Comment s’y mettre ?

La méthode qui consiste à présenter aux apprenants les savoirs  dans leur forme parfaite (avec les couleurs, les encadrements, les surlignements, etc.), comme on a l’habitude de faire, tue le plaisir d’apprendre parce qu’il n’y a plus de mystère, parce qu’il n’y a plus cette atmosphère de doute ou d’étonnement. En plus, les savoirs à cet état (parfait, complet) n’exigent rien des apprenants (il est déjà parfait), mais obligent l’enseignant à se lancer dans des explications et des répétitions sans fin ; ce qui favorise l’enseignement aux dépens des apprentissages et aggrave la passivité des apprenants. En définitive, il ne peut y avoir d’apprentissage solide, et le cercle vicieux continue de sévir : pas d’apprentissage, pas de motivation, etc.

Les savoirs doivent installer le doute et l’étonnement chez les élèves ; ils doivent donc être présentés dans leur état incomplet, lacunaire, déconstruit, brut, etc. (sous forme de problèmes à résoudre, de défis à relever, de devinettes, de mystères, de jeux, etc.). Les apprenants sont alors sollicités à réfléchir, à comparer, à établir des relations du sens, à convoquer leurs acquis antérieurs, à discuter, à affiner, etc. c’est la seule situation où ils peuvent construire personnellement des représentations et des savoirs (peut-être faux, incomplets, etc., mais indispensables à la suite des apprentissages) qu’on rectifie, approfondit, au fur et à mesure. (à ce niveau, on peut metre à leur disposition des adjuvants: données, documents, ressources, etc.)

Cette situation doit conduire les apprenants à oser poser des questions (il faut le leur faire apprendre), car ils afficheront alors leur besoin psycho-cognitif à vouloir apprendre.

Les questions posées par l’enseignant, dans le cadre de l'encadrement des apprenants "débutants", n’ont qu’une seule fonction : évaluer, vérifier, … (PS: elles pourraient être utiles pour des individus autonomes, pour des niveaux supérieurs, où les individus ont déjà acquis des compétences supérieures) elles ne pourront presque jamais aider les apprenants,(du primaire, ducollège ou même du lycée) à construire un savoir. La question est un outil d’apprentissage quand elle est posée par celui qui veut apprendre et qui attend une réponse.

Bref, faire douter les apprenants devant un savoir, déclencher leur étonnement, leur faire apprendre comment poser des questions qui conduisent à répondre à un besoin d’apprendre, sont des stratégies fondamentales pour construire des apprentissages et une motivation.

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