La question: outil didactique?

La question: flou fonctionnel, panacée didactique, ...?

 

 

                Les pratiques didactiques et pédagogiques ont doté "la question" d'un statut didactique et méthodologique solennel et presque religieux. On ne peut concevoir une gestion de classe, un enseignement/apprentissage de n'importe quelle discipline sans l'utilisation exclusive, massive ou impérative de la question.

          Il est légitime, toutefois, de se poser la question suivante: la question, telle qu'elle est utilisée, est -elle efficace pour engendrer des apprentissages performants et productifs?

 

La question fait partie de ces outils qui peuvent appartenir à la notion de  "maïeutique".

Elle n'est donc utile que si le sujet cible sait déjà et possède les savoirs nécessaires.

Autrement, quand on l'utilise, massivement, pour des apprenants débutants, on est confronté à la situation (dilemme) suivante:

ou bien l'apprenant sait et il répond

ou bien il ne sait pas et il ne répond pas

 

Ce qui veut dire qu'il n'apprend rien quand on lui pose des questions et quand on attend des réponses.

Ce qui veut dire également que la question permet certes d'évaluer si l'apprenant a déjà assimilé les savoirs ou non, mais elle ne l'aide aucunement à en acquérir.

En l'utilisant exclusivement donc, on risque de faire de tous les "apprentissages" de l'année des évaluations démesurées sans que les apprenants en tirent profit.

 

Il est donc fondamental de l'utiliser APRES les apprentissages (pour évaluer) et non AVANT

 

Conclusion;

1- la question est un moyen d'évaluation

2- elle n'est pas un moyen d'apprentissage

3- pour faire apprendre, on est obligé de recourir à d'autres outils: la consigne, la recherche, le travail individuel en l'occurrence.

 

 

 

 

 

 

Commentaires (4)

abdallah Gaboune
  • 1. abdallah Gaboune | 22/09/2015
je suis d'accord, au moment où l'enseignant dispense son enseignement-apprentissage, il est amené à poser des questions: des outils pédagogiques et didactiques très élaborés pendant la préparation du cours et souvent ce sont des consignes qui font appel à l'activité mentale des apprenants. ref à la classification de Bloom.
ABID EL-HAJJI
  • 2. ABID EL-HAJJI (site web) | 26/08/2015
De rien. Merci à vous pour votre réponse et les éclaircissements à propos de cette problématique.
le modérateur
  • 3. le modérateur | 24/08/2015
Merci monsieur El- Hajji pour votre intervention.
La question s'inscrit dans une langue tradition régissant les relations appreneur/apprenant. Déjà Socrates, à travers sa fameuse "maïeutique"; pensait, dans une logique philosophique et non "didactique", extraire les connaissances de ses interlocuteurs via le questionnement.

On s'inspira plus tard du béhaviorisme (qui afficha alors ses limites) pour faire de la question un outil organisant les interactions didactiques (je ne peux dire la construction des savoirs).

Il s'est avéré alors que, pour construire un savoir, il faut que l'apprenant l'APPRENNE d'abord d'une façon ou d'une autre. la question ne peut pas le permettre puisqu’elle ne fait qu'évaluer (un élève ne peut répondre à une question s'il ne sait pas ).

Par exemple: un apprenant ne peut acquérir par exemple l'expression de la cause qu'il est censé découvrir POUR LA PREMIÈRE FOIS si on lui pose des questions sur la cause, quand bien même elles seraient parfaites et pertinentes.

en plus, pour former un apprenant actif, il faut qu'il apprenne EXPLICITEMENT alors que la question est un moyen implicite. elle est en outre stigmatisée par le constructivisme.

Si les collègues un peu anciens préconisent la question comme outil d'apprentissage, ce n'est certainement que par l'effet de l'habitude et l'influence des manuels (qui adoptent encore la philosophie béhavioriste). Ils l'ont adoptée depuis la fin des années 80 et ils n'ont pas malheureusement bénéficié de formations continues à propos des nouveautés didactiques.

En somme, je ne pense pas (je suis presque certain) qu'un élève qui n'a jamais appris une notion, nouvelle pour lui, puisse l'apprendre uniquement pat le biais de la question.
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ABID EL-HAJJI
  • 4. ABID EL-HAJJI (site web) | 24/08/2015
Bonjour M.le professeur,
Au début, je vous remercie pour les efforts déployés en vue de nous transformer des articles intéressants concernant la pédagogie et l'éducation.
J'aimerais dire quelque chose à propos de cet article sur ''la question''. En tant que stagiaires l'année dernière,les formateurs nous ont appris à faire des fiches pédagogiques avec des questions: durant la séance, nous devrions pas transmettre les savoirs aux apprenants directement en nous basant sur la méthode traditionnelle, c'est-à-dire le professeur est le seul qui a les connaissances. Mais, on devrait se baser sur la question en laissant l'apprenant en tant que l'acteur principal du processus enseignement/apprentissage de répondre. Il est à noter que toutefois un stagiaire passe un certain temps à transmettre des idées, les formateurs et conseillers pédagogiques nous conseillent de poser des questions aux élèves et eux qui doivent répondre. De ce fait, cette méthode de question / réponse n'est-elle pas un moyen de transmettre les savoirs mais en reposant sur les apprenants qui eux-mêmes les construisent, et le professeur reste qu'un guide ?
J'aimerais des éclaircissements là-dessus et merci de nouveau.

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