Mémorisation

... sur les traces de Mnémosyne!

 

 

      La mémorisation était pendant longtemps une stratégie d’apprentissage qui reposait sur des procédés mnémotechniques. Elle débouchait presque toujours et exclusivement sur la restitution orale des contenus appris.

Plus tard, un débat s’est déclenché entre les partisans et les opposants de la mémorisation.

1. Il y a ceux qui stigmatisent la mémorisation en avançant qu’elle est inutile. Ils soulignent les inconvénients de son adoption : mémorisation de contenus qu’on n’utilise pas, mémorisation uniquement pour passer les examens, on n’apprend pas grand-chose, on considère l’élève comme un récipient, etc.

2. Et ceux qui la défendent et pensent que la mémorisation est utile pour réactiver et  développer la mémoire, et qu’elle est à la portée des élèves contrairement à beaucoup de méthodes nouvelles et que depuis toujours, elle était adoptée et a fait ses preuves.

           Avant de discuter ces deux points de vue, qui ne sont ni faux ni pertinents dans l’absolu, voyons d’abord comment fonctionne la mémoire.

         Les recherches dans les neurosciences ont montré qu’il existe deux  types de mémoires et non pas une seule, mais qui ne sont pas séparées chez les personnes :

1. La mémoire épisodique appelée également mémoire à court terme. C’est la mémoire qui ne peut restituer les choses et les connaissances apprises que s’il y a un déclencheur physique, matériel, etc.

Exemple : un élève, ayant une mémoire épisodique, ne peut pas se rappeler un texte que si on lui communique le premier mot de ce texte ou des jalons, des mots, etc.

 2. La mémoire sémantique, appelée aussi la mémoire à long terme. Celle-ci n’a pas besoin de déclencheur ; ce qu’elle emmagasine est déjà devenu sous forme de schèmes, d’idées, de comportements, etc. transférables à d’autres situations

Exemple : un élève, ayant une mémoire sémantique, peut se rappeler des apprentissages sans aide (accès relatif à l’autonomie).

 

         Il est donc essentiel de chercher un équilibre entre le parcœurisme aveugle et sauvage et la négligence totale de la mémorisation : ensuite, d’exploiter ces données dans l’action d’enseignement/apprentissage :

  1. En exploitant la mémoire épisodique pour aboutir à la mémoire sémantique.
  2. En dosant les contenus à mémoriser selon les capacités intellectuelles et selon les contenus utiles.
  3. En retravaillant les contenus mémorisés. Il ne faut pas faire de la mémorisation pour la mémorisation.
  4. En évitant de faire mémoriser des contenus métalinguistiques ou métacognitifs (les contenus métalinguistiques ne se transforment jamais en contenus linguistiques), c’est le contraire qu’il faut viser.

Démarche : on pourrait donner à mémoriser le verbe « aller » à l’imparfait (1ère étape), mais ensuite inviter les élèves à utiliser, sous forme d’activités variées, ce verbe dans un texte narratif ou descriptif (2ème étape).

 

Type de contenus à faire mémoriser:

1. des mots ou expressions expliqués dans un texte.

2. un morceau choisi d'un texte (court et présentant un intérêt linguistique).

3. une partie d'un poème

4. une phrase qui présente un intérêt (grammatical, orthographique, lexical, etc.) pour la suite des apprentissages, réutilisable ensuite.

5. un champ lexical d'un thème donné qui sera exploité lors de la production écrite.

6. une belle expression à portée stylistique.

7. des proverbes, des dictons, etc... simples et sémantiquement accessibles.

8. une citation courte d'un auteur.

 

 

 

 

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