Prisme des réseaux sociaux

Devant un écran et allongé sur un divan : facilités d'expression.

 

Il est aujourd’hui une vérité incontestable : le numérique est en train de façonner les comportements, les idées, les positions, etc.

Les individus sont en train  de changer, d’une manière très SOFT, sans s’en rendre compte. Ils ne pensent plus comme avant, ne s’expriment point comme dans le passé, etc.

Cette mutation ne veut pas dire qu’il y a une sorte d’évolution dans la pensée ou un certain progrès dans la civilité et le vivre ensemble, etc. 

Parmi les manifestations de cette mutation, on trouve la disposition de certains internautes (ayant des pages sur les réseaux sociaux) à s’exprimer, à interagir, etc. ils le font nécessairement à travers un PRISME qu’on pourrait rapprocher d’un syndrome de confirmation de soi. Ce type d'usagers des réseaux sociaux font partie aussi bien des profanes que des initiés (intellectuels, lettrés, etc.)

Certains utilisateurs des réseaux sociaux ont contracté les comportements suivants ;

  • Un penchant démesuré à l’exhibitionnisme social, professionnel, économique, etc.  on n’hésite pas à exposer soi-même, sa vie, sa famille, ses biens, etc. d’une manière outrancière. On s’évertue à commercialiser une image positive de soi, idyllique, parfaite, presque divine, …
  • Une tendance parodique à une image de gentleman ; toutes les réactions, les commentaires sont doux, respectueux, valorisants, etc. au sein d’un  chœur complaisant et "hypocrite".
  • un penchant pour l'intimidation, le sarcasme et l'insulte pour les usagers ou les commentaires qui ne louent pas, qui ne valorisent pas, etc.
  • Une tendance à transformer un évènement banal de la vie quotidienne en un évènement intellectuel, artistique, philosophique hors pair (participation à une petite réunion, réception d’une lettre de remerciement,  réception d’un certificat de participation, etc.)
  • Une prédilection à l’auto-gratification : la personne qui reçoit les propos élogieux –complaisants et "hypocrites" dans la plupart des cas) qui fusent de n’importe où  ne peut ne pas afficher sa satisfaction et sa liesse
  • Une obsession à employer un discours pompeux, maniéré et  précieux qui ne peut être employé que dans des situations de communication spécifiques (qui n'est pas tenu en tout cas dans les situations authentiques de communication) ; 
  •  Prédisposition à la louange et rejet pour la critique (même si elle est fondée) : la première rend doux comme un agneau, civilisé, compréhensif, etc. ; la seconde provoque la colère, l’indignation, l’intimidation, et finit par « le refus à l’accès »

D’autres comportements, qui sont le fruit de ce type de prisme, sont encore repérables sur les réseaux sociaux. La constitution d’une typologie est un travail de recherche prometteur. Ce type de comportement, ou du moins de la tendance, existait auparavant, mais il était contrôlé par  une éducation à la retenue, par le respect des intimités,  par le bon sens, … les réseaux sociaux l’ont amplifié et « extimisé »

Ce type de comportements aurait des incidences psychoculturelles et socioculturelles qui impacteraient la vie en société et les relations humaines (qui seraient soumises à l'hypocrisie, la complaisance, la légerté, etc.). Educativement, il faut y réfléchir

Sur le plan éducatif et pédagogique, la maitrise du fonctionnement de ce prisme, et l’identification de ce type de comportements peut fournir des pistes de réflexion à des démarches méthodologiques et didactiques susceptibles d’éduquer les  apprenants d’une part à la retenue, à l’équilibre, au respect de l’intimité, au respect des autres, à l'acceptation de la critique, au bon sens, etc., d’autre part à des critères intellectuels et cognitifs autour de ce qui peut être publié, dit, commenté, etc. car il est impossible aujourd'hui ou demain de refuser  aux élèves et aux autres l'accés aux réseuax sociaux ou au web en général (le numérique est un fait irrrevocable)

Date de dernière mise à jour : 11/03/2020

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