L'évaluation diagnostique

L'apport de l'évaluation diagnostique au projet pédagogique et aux progressions.

 

 

 

L'évaluation diagnostique, qui intervient en début d'apprentissage, est censée proposer des repéres pédagogiques, didactiques et méthodologiques fondamentaux. Il ne s'agit pas d'une évaluation qui débouche sur des remédiations et des régulations cognitives ou procédurales, mais d'une évaluation qui offre une vision globale et claire sur la réalité de la classe (besoins des élèves, lacunes, potentialités, ...) et qui, ipso facto, oriente les choix didactiques initiaux (élaboration des projets pédagogiques, définition des contenus, des démarches, ...).

L'évaluation diagnostique est censée rendre compte de deux aspects:

1. les pré-acquis: les savoirs, les savoir-faire et les savoir-être devant être appris et assimilés antérieurement (relatifs au  niveau scolaire inférieur).

2. les pré-requis: les savoirs, les savoir-faire et les savoir-être sans lesquels on ne peut mener à bien des activités didactiques pour l'année en cours. (l'étude de l'adjectif est un pré-requis pour l'étude de la caractérisation, l'étude des auxiliaires est un pré-requis pour l'étude du passé composé, ...).

 

L'évaluation diagnostique, telle qu'elle est adoptée, donne lieu, toutefois, aux remarques suivantes:

1. il se trouve que l'aspect (pré-requis) est parfois négligé lors de l'élaboration et la passation des épreuves des évaluataions diagnostiques.On privéligie davantage l'aspect pré-acquis.

2. il se trouve que l'évaluation diagnostique reste sans suite: on fait passer l'évaluation , on l'exploite sous forme de remédiation, mais elle ne motive aucun choix didactique (on revient vite aux habitudes pédagogiques établies: adoption linéaire du manuel, projet pédagogique prédeterminé, etc.). Il en résulte la présentation d'un projet pédagogique non contractualisé, déconnécté de la VRAIE réalité de la classe,..ce qui engendre déception d'un côté et démotivation de l'autre.


L'évaluation diagnostique gagnerait en efficacité si elle changeait de statut : de celui d'une activité routinière de brise-glace à celui de la gestion d'un moment et d'une vision pédagogique et didactique stratégique.




Commentaires (6)

Le modérateur
  • 1. Le modérateur | 18/10/2018
Merci M.Zannou
Je ne peux m'aventurer pour donner une méthode pour l' EPS, je pourrai le faire pour le français que je connais mieux; mais, je pourrais, dans le cadre de la transversalité, proposer quelques idées:
- lorsqu'on envisage de développer certaines capacités /compétences pour les modules ultérieurs, on se rend compte qu'il y a des prérequis (ressources nécessaires pour démarrer les apprentissages) que doivent maîtriser d'abord les élèves et sans lesquelles on ne peut réussir la gestion des modules. le diagnostic devra alors porter sur ces prérequis: dans les classes pléthoriques, que vous évoquez, il y aura toujours des élèves qui ne les maîtrisent pas; c'est ici que le diagnostic est intéressant puisqu'il permettra à l’enseignant, épaulé par les bons éléments (tuteurs) de prévoir des exercices de remédiation et de soutien centrés, non sur les contenus des modules ultérieurs; mais sur les prérequis non installés. (exemple: lors du module sur le handball, les élèves auront besoin d'un peu de condition physique, de maîtrise du ballon ou de connaissances théoriques .... sans lesquelles on ne peut pas réussir ce module; le travail de remédiation portera à priori sur ces éléments sans les rattacher forcément directement avec le handball)
- le diagnostic (c'est à dire l'évaluation) ne devrait pas grignoter, au plus, 15 à 20% du temps imparti à l'évaluation et à la remédiation; le reste devra être consacré à la remédiation
- les difficultés des élèves ne pourront pas être résolues dans leur totalité lors de cette phase; il faudrait alors les étaler sur les modules qui vont venir et qui sont en rapport avec les apprentissages fondamentaux de la discipline, ce sera alors le rôle de la planification/
Merci et bonne chance
ZANNOU
L'évaluation diagnostique est une bonne chose mais la mettre en œuvre pour toute une situation d'apprentissage en EPS est pénible depuis sa préparation. Propose z nous alors une méthode simple pour faire aisément cette évaluation diagnostique dans nos classes à effectif pléthorique
djedou marc
  • 3. djedou marc | 08/02/2016
bsr
je suis un élève maitre qui fini sa formation cette année.. suis d'accord avec l'evaluation diagnostic mais que pensez-vous vous de la pratique des Séances d'Entrainement Pédagogique (S.E.P) ? est-ce que cela respect les normes de la formation? présente t- elle des dysfonctionnement?
Chouaali
  • 4. Chouaali | 11/11/2013
Salam! Je vous remercie Monsieur Abdelazziz pour votre esprit d'échange et de partage qui, d'ailleurs, ne cesse de nous apporter des éclaircissements sur d'énormes ambiguïtés relatives à la didactique du français langue étrangère.
Pour ce qui est de l'évaluation diagnostique, certes, elle sert de balisage pour l'enseignant dans l'élaboration du projet pédagogique sur lequel se base l'enseignement de la langue française. Cependant, une fois les lacunes des élèves sont repérées et leurs besoins sont déterminés, on est devant des contraintes qui entravent l'élaboration d'un projet pédagogique clair, précis et qui répond aux exigences des élèves. En effet, les lacunes sont souvent énormes, leurs besoins sont divers et varient d'un élève à un autre dans une même classe... Cette situation met l'enseignant entre le marteau de respecter le programme scolaire et l'enclume du besoin de revenir sur "les dégâts du passé" de l'élève (spécialement du second cycle qualifiant). Ainsi, face à cette réalité, l'exploitation de cette évaluation permettrait une adaptation du contenu au niveau des élèves. Toutefois, cette tâche est toujours ardue à réaliser dans une classe hétérogène qui connaît des écarts importants entre les élèves. A mon avis, pour répondre aux lacunes des élèves (les lacunes les plus répandues), il vaut mieux, plus l'adaptation du contenu à leurs besoins, consacrer quelques minutes avant d'entamer une activité pour s'arrêter sur une des lacunes, autrement dit, les remédiations devraient être intégrées dans les différentes activités et s'étaler sur toute l'année scolaire.
Hajar
  • 5. Hajar | 09/03/2013
On ne cesse de parler du niveau des élèves : il est bas, médiocre, les élèves font de graves erreurs... Eh bien! ce sont encore des élèves en phase d'apprentissage ; la CATASTROPHE c'est quand les profs qui critiquent ces élèves-là et qui leur reprochent d'avoir un si bas niveau vous écrivent un commentaire plein d'erreurs, pire encore : même les constructions ne sont pas correctes!!!
Franchement, je me pose la question "à qui devrait-on apprendre l'alphabet de la langue?"
professeure
  • 6. professeure | 05/10/2012
l'évaluation diagnostique oui...Mais...
on aimerait bien que l'évaluation diagnostique change de statut.Mais il est des obstacles : .les élèves ne viennent effectivement en classe que pendant la première semaine d'octobre .Donc le prof devra commencer les cours non faire une activité qui devait se faire en la moitié de septembre . ensuite ,vous dites que l'évaluation doit orienter les choix didactiques initiaux : vu le niveau de nos élèves on doit intégrer des leçons relatives à l'apprentissage de l'alphabet de la langue .je me demande est ce possible alors que nous avons un contenu précisé par les OP .Vous allez me dire il faut adapter le contenu au niveau des élèves et la question que je poserai jusqu'à quel point ?Merci d'avoir évoqué ce sujet intéressant.

Ajouter un commentaire

 
×