Evaluer et noter objectivement

 

 

La grille d’évaluation des enseignants : la nécessité d’un remaniement !

 

                   Suite aux nouveaux enjeux socioprofessionnels que la promotion interne au choix a fait émerger dans le système scolaire marocain, l’évaluation des enseignants par les inspecteurs a été largement stigmatisée ces dernières années par les inspecteurs eux-mêmes. Il est vrai que les pratiques évaluatives inspectorales  n’obéissaient pas à des critères partagés ou à des indicateurs reconnus bien que le cadre général soit institutionnalisé par certaines notes ministérielles[1]. La recherche d’une formule d’évaluation équitable et transparente a été la revendication principale de tous les acteurs éducatifs ; pour les uns elle rationaliserait le travail et apaiserait la conscience, pour les autres elle opérerait comme une motivation et déclencherait une action constructive de qualification professionnelle. La publication des décrets relatifs à la notation des fonctionnaires des administrations publiques, y compris le personnel de l’éducation nationale[2], a été perçue au début comme une alternative prometteuse. Deux années après, le MEN, dans son effort d’opérationnaliser les décrets susmentionnés, « promulgue » un  « Dalil »[3] au sein duquel sont insérées des grilles destinées chacune à évaluer une catégorie du personnel (enseignants, staff administratif, inspecteurs,…). La réaction ne se fait pas attendre : un rejet empreint de beaucoup de désarroi et de d’incompréhension. Et pour cause : l’ancienneté est bannie, les grilles sont démesurément « infinies » et pour conclure des délais simplement inappropriés.  

 

                Dans la présente réflexion, j’essaierai d’aborder uniquement la grille qui est destinée à évaluer les prestations des enseignants puisqu’elle constitue l’objet de mon travail de supervision et de notation. Je tenterai de la soumettre à une analyse critique qui interrogerait le degré de sa faisabilité et  qui évaluerait les difficultés d’une application  spontanée et non contractuelle. C’est ainsi que, dans un souci d’objectivité, je présenterai tour à tour les points positifs de la grille, ses défaillances avant de proposer des affinements et des ajustement utiles à une application fluide, transparente et négociée.

 

  1. Avantages de la grille :

             Dans l’absolu, une grille répondrait à une revendication longtemps formulée par les inspecteurs et les enseignants. Elle présente, en effet, les avantages suivants :

 

a)      Elle permet tour à tour d’encadrer la gestion de la classe et la supervision.

b)     Elle facilite le repérage des dysfonctionnements didactiques et pédagogiques.

c)      Elle fait installer un climat de respect.

d)     Elle assure la transparence à l’évaluation.

e)     Elle est contractuelle.

f)      Elle permet d’objectiver la notation.

 

2.      Les dysfonctionnements de la grille :

                  La grille préconisée par le ministère et contenue dans le guide supra présente d’énormes problèmes qui nuisent à sa faisabilité. Il y a lieu d’énumérer les raisons suivantes :

 

1.      son caractère atomiste : cette grille, qui s’inspire essentiellement des approches   structuro-behavioristes, démultiplie les indicateurs à l’infini et focalise l’évaluation principalement sur des comportements pédagogiques.

2.      la faiblesse de représentativité de la discipline : la non prise en compte des spécificités des matières inscrirait la grille dans du standardisme artificiel et non fondé.

3.      son caractère sommatif : la grille semble n’avoir pas de suites formatives surtout avec l’annulation du rapport de visite et de l’entretien.

4.    son caractère techniciste : elle promeut une centration exagérée sur l’enseignant et sur les outils, et relègue les apprenants au second plan.

5.      son approximation : elle propose des formulations approximatives, appréciatives et fortement polysémiques.

6.      elle ne prend pas en considération la relation temps d’application de la grille / activités de classe : évaluer un indicateur parfois nécessite un quart d’heure de l’enseignant, en contrepartie, une activité de deux minutes exige l’évaluation de plusieurs indicateurs. 

 

                        Sans entrer dans les détails et après une première lecture, avant même de soumettre les 54 indicateurs à l’analyse méticuleuse , nous pouvons dire globalement que la grille contient :

 

1.       des indicateurs faisables ;

2.      des indicateurs faisables mais après un suivi de longue haleine ;

3.      des indicateurs faisables mais sont à compléter par des tests à passer aux élèves ;

4.      des indicateurs faisables mais après reformulation et explicitation ;

5.      des critères faisables mais après fusion ;

6.      des critères faisables mais après entretien ;

7.      des indicateurs qui ne seront jamais faisables.

 

                       Il en découle que la grille, telle qu’elle a été présentée, n’est pas opérationnelle. Son application se heurte à des contraintes diverses : temporelle (relation temps d’une séance/ 54 indicateurs), pratique (nombre d’enseignants/inspecteur), psychopédagogique (passage abrupt et radical à une autre forme d’évaluation non négociée), professionnelle (centration sur le formel).

 

                    Nous présenterons ultérieurement une lecture détaillée de la grille qui montrerait d’une part  les limites des indicateurs, proposerait d’autre part les rectifications et les affinements à introduire pour une faisabilité fluide et raisonnée.



[1] N°65/1981 et 255/1981 relatives aux documents pédagogiques // n°26/1997 relative aux cahiers des élèves // n°86/1986 relative aux feuilles de notes //  n°152 relative aux copies des épreuves du contrôle continu.

[2] Décret n°2.04.403 et le décret n° 2.05.1367 du 2 décembre 2005/29 chawal 1426 définissant les critères de la promotion des fonctionnaires et la procédure de leur notation.

[3] Un guide élaboré par le MEN accompagne la note ministérielle n° 4 du 12 janvier 2009 destiné à l’application des dispositions nouvelles de notation du personnel du MEN citées dans les décrets susmentionnés.

Commentaires (13)

le modéraieur
  • 1. le modéraieur | 10/03/2009
Merci cher prof stagiaire:
quand j'ai parlé des anciens, je faisais allusion à MM. Rochdi et kouddane et je ne faisais aucune comparaison avec les nouveaux. D'ailleurs, Si Taoufiq, qui participe avec moi aux commissions de passation des CAPES, peut témoigner de l'excellente qualité du travail de certains stagiaires auxquels je rends un vif hommage.Merci et bonne carrière
professeur stagiaire - le 10/03/2009 à 21:53 s
  • 2. professeur stagiaire - le 10/03/2009 à 21:53 s | 10/03/2009
Merci quand même et je dois reconnaître que vous êtes un homme de dialogue chose qui est rarissime dans le corps inspectoral. Je n'ai pas aimé dire que les anciens sont plus consciencieux que les nouveaux recrus. Merci sincèrement
le modérateur
  • 3. le modérateur | 10/03/2009
Merci au Prof stagiaire et à M. Rochdi pour leur intérêt.

à M. Rochdi: vous avez raison. les conceptions et les positions inspectorales sont différentes, c'est pourquoi, je défends fortement qu'il y ait une concertation qui réunirait inspecteurs, enseignants et staff administratif pour élaborer un outil évaluatif négocié et faisable qui récompenserait les méritants et remettrait à l'ordre les autres. J’ai beaucoup d'amis enseignants qui ont éprouvé beaucoup d'amertume à la suite des résultats de la promotion de 2006/2007, et je n'aimerais pas qu'on ressente ici et là le même sentiment. Merci

au prof stagiaire; d'après vote titre, je vois cher monsieur que vous cherchez autre chose que discuter les IDEES. Je n'ai rien contre votre personne parce que simplement je ne vous connais pas. j'ai remis en question ce que vous dites, et vous êtes en train d'accuser tout le monde- comme ça sans distinction- de résignation, d'infantilisation ...et j'en passe et des meilleures. là, à ce que je vois lors de mes visites de classe, je ne partage pas votre point de vue: il y a des enseignants simplement magnifiques et hautement consciencieux.

Et pour pure information, sachez également, cher monsieur, que l'évaluation dans la fonction publique, puisque c'est l'argument que vous avancez pour rejeter l'évaluation dans l'éducation nationale, obéit aux mêmes cinq critères qui figurent dans la défunte grille (voir décrets ministériels n°2.04.403 et n°2.05.1367 du 2 décembre2005/ 29 chawal 1426 définissant la procédure de d'évaluation et de notation des fonctionnaires des administrations publiques).
Enfin, je ne suis pas un donneur de leçons, je ne le prétends pas;, mais je peux modestement donner des conseils quand l'occasion se présente. Vous êtes jeune, vous avez devant vous une longue carrière: profitez-en pour apprendre le métier. Bonne chance
Rochdi Younes
  • 4. Rochdi Younes | 10/03/2009
Monsieur Dadi,
Je ne rejette nullement la responsabilité sur le corps inspectoral mais je lui en veux de s'aligner aveuglément plus sur l'administratif que sur le pédagogique. Vous vous avez au moins le mérite de trouver à cette grille des tares ce qui n'est pas le cas pour tout le monde. Merci
Professeur stagiaire
  • 5. Professeur stagiaire | 10/03/2009
Réponse du berger à la bergère
Monsieur, je n'ai manqué de respect à personne et je n'accepte de leçon de morale de personne non plus. Dire que les anciens sont plus consciencieux reste à démontrer. Moi je dirais plutôt qu'ils sont rodés à être infantilisés et à courber l'échine.L'évaluation telle qu'elle est pratiquée dans le domaine de l'éducation est un acte contre nature de la fonction publique. Dans les autres secteurs d'activité, l'évaluation des fonctionnaires n'existe pas sous cette forme rabaissante.Sans rancune
modérateur
  • 6. modérateur | 10/03/2009
Merci taoufiq et merci prof stagiaire:
En insérant cette réflexion sur la grille - heureusement retirée depuis-, je visais deux choses: sensibiliser les visiteurs de ce site aux problèmes inhérents à l'évaluation vu sa complexité et ses enjeux, et surtout proposer,suite aux critiques qu'on adresse aux responsables de ne pas se concerter avec nous, des alternatives à la défunte grille. Rien ne se fait, on est en train de pédaler à côté du vélo.

Le décret du 2 décembre 2005 impose une nouvelle formule d'évaluation des fonctionnaires de l'ETAT, les enseignants y compris. cela est une réalité juridique; UNE grille d'évaluation qui neutraliserait la subjectivité est revendiquée par les enseignants, cela également est une réalité;

à M. Taoufiq: voici ce que je crois:
1.Une grille qui évaluerait la profession d'enseignant ne se limitera pas uniquement à l'APC, elle devrait, en principe, s'intéresser au comportement pédagogique, à l'utilisation du matériel, aux interactions, à la conception des épreuves, aux documents pédagogiques....
2. il est temps de choisir: ou bien l'enseignant se réduira à un agent d'exécution qui n'attend que des ordres à accomplir, ou bien il jouira d'une autonomie et réclamera une liberté qui lui assureront son rôle de formateur.
3.je suis convaincu, d'après mon expérience de supervision, que les enseignants sont bien armés à faire face aux nombreuses difficultés pédagogiques qu'affrontent nos élèves; ils ont besoin logiquement de formation continue (d'auto-formaion continue aussi)et plus de moyens.

au prof stagiaire:
je ne sais pas si vous avez lu ce qui a précédé parce que votre point de vue ne différe quère de ce qui a été dit. je me demande pourquoi vous avez mis tout le monde à côté de la plaque; d'ailleurs, ce n'est pas une façon décente de parler à des collègues plus anciens et consciencieux.
il faut savoir cher monsieur que le CPR (moi aussi, ex- cépérien) est une étape qui permet à l'enseignant stagiaire tour à tour de prendre du recul par rapport à son ancienne position (élève)et apprendre les ABC du métier. si vous vous contentez de ce que vous avez appris au CPR, vous risquez d'être dépassé dès la première année: développement de la recherche, vulgarisation des savoirs, progrés incontrôlable...

Pour la grille, tout le monde croit qu'elle n'est pas totalement applicable dans sa version actuelle (il faut lire les gens avant de discuter leurs idées). c'est pourquoi, dans votre cas, si jamais une autre grille est adoptée et acceptée, vous serez évalué chaque deux ans et au bout de dix ans, pour votre promotion, on fera la moyenne de vos notes obtenues et cumulées; mais je vous conseille d'envisager de passer le concours après seulement six ans: ce sera une formation continue et un profit professionnel. sans rancune.
prof stagiaire
  • 7. prof stagiaire | 10/03/2009
Messieurs, laissez-moi vous dire que vous êtes tous à côté de la plaque. Je suis sorti du CPR avec un profil tout à fait différent de celui qui est demandé dans la grille d'évaluation. On nous a appris à présenter une activité imposée à passer des heurs à palabrer sur cette activité. Plus tu te montres persuasif plus ton profil de bon enseignant plaît à l'auditoire y compris conseillers encadrant et inspecteur formateur. C'est dire que n'importe quelle grille ne fera pas long feu et pour cause.
Monsieur, vous êtes inspecteur, allez voir ce qui se passe du côté des CPR et vous comprendrez
kouddane Taoufiq
  • 8. kouddane Taoufiq | 10/03/2009
Si Abdelaziz, toute nouvelle grille d'évaluation ne pourrait être que préjudiciable à l'enseignant. L'approche par compétences et l'intégration des apprentissages constitueront l'ossature de la nouvelle grille alors que:
-Nombreux sont les enseignants qui n'ont bénificié d'aucune formation,d'autres d'une formation partielle et le reste se plaint de la qualité de la formation qu'ils ont reçue. L'inspecteur, que vous êtes, quelle attitude adopterait-il dans ce cas?
- Alors que le guide de l'intégration des apprentissages est en cours de réalisation ( note 112) et que les manuels en vigueur sont loin d'offrir un modèle d'apprentissage cohérent et de favoriser l'intégration des apprentissages, sur quelle base pourriez-vous évaluer les enseignants promouvables?
- L'évaluation des enseignants dans son acception " contrôle" se fait au détrimant du suivi, de l'encadrement et de l'accompagnement des enseignants en général et de ceux qui sont en difficulté tant les inspecteurs se font rares et que leurs visites le sont sont aussi. Quel sens donneriez-vous à votre mission/fonction?
Votre fonction fait de vous non seulement des facilateurs de la pratique d'un métier mais des éclaireurs dans la mise en oeuvre d'une pratique ou d'une réforme. En votre âme et conscience, croyez-vous que nous sommes assez bien formés et armés pour réussir l'implantation de la réforme?
modérateur
  • 9. modérateur | 09/03/2009
Merci à MM. Rochdi et Taoufiq d'avoir réagi avec profondeur et sérénité. je ne peux qu'adhérer à leurs préoccupations sans toutefois partager totalement leurs points de vue. J'aimerais en effet préciser ceci:

à M.Rochdi, je suis tout à fait d'accord sur ce que vous rapportez sur les conditions de travail: il m'arrive souvent de m'en rendre compte lors de mes visites aux établissements ruraux/collèges -je ne parle pas ici du primaire- (et pour l’équité, j’ai trouvé aussi de beaux établissements nouvellement construits qui ne manquaient de rien).mais je ne pense pas que l'inspecteur en est responsable; si vraiment l'inspecteur se rend une seule fois à un établissement ,eh bien parce qu'il, contrairement à une idée communément admise, supervise des dizaines d'établissemnts éloignés les uns des autres qu'il aura à visiter selon un calendrier qui prend en compte des priorités (promotion, CAPES, formation,...)sans toutefois attendre de compassion parce qu'il ne fait que son devoir. Et pour pur rappel, l’inspecteur d’aujourd’hui n’était que l’enseignant d’autrefois qui avait lui aussi travaillé dans ce monde rural reculé qui était dix fois moins agréable qu’aujourd’hui.
ET pour être vrai, je n'ai jamais rencontré de visiteurs qui prétendent accéder à la mesure, je ne vois assez souvent que des personnes qui essaient au mieux d'accomplir un travail en rapport avec leur statut juridique et pour lequel ils sont payés.

à M. Taoufiq: une grille est conçue pour une utilisation donnée: si on élabore la MÊME grille et pour la formation et pour la certification, eh bien bonjour les effets de "lit de Procuste". une grille pour la formation oui,... mais il faut la concevoir pour cet effet. et puis, il y a des enseignants promouvables qui aimeraient bénéficier de l'égalité des chances.
la compétence,enfin, pour la reconnaître, il faut ...l'évaluer.

PS. je pense que l'amélioration des conditions de travail est une priorité urgente, mais la promotion pour un enseignant est un droit sacré. je ne sais pas s' il y a des enseignants qui acceptent de sacrifier leur promotion jusqu'à ce que les conditions de travail soient améliorées
kouddane Taoufiq
  • 10. kouddane Taoufiq | 08/03/2009
Merci Si Abdelaziz de m'avoir lu mais j'aimerais rebondir sur les remarques que vous avez portées dans le commentaire.
- Toutes les grilles se ressemblent et autant que je sache,la note accordée à chaque critère ou indictaeur dans une grille n'est jamais justifiée et encore moins accopagnée d'un commentaire à dessein formatif.Ailleurs, la formation est un droit et non un critère de promotion."La plus belle fille du monde ne donne que ce qu'elle a"
- La compétence d'un enseignant est en rapport avec la formation reçue, les conditions dans lesquelles il travaille....D'où ma question: est ce que la grille proposée est en rapport avec la formation...de l'enseignant marocain?. Je vous rappelle que la grille d'évaluation de l'enseignant diffère d'un pays à un autre.
Rochdi younes
  • 11. Rochdi younes | 08/03/2009
L'analyse de Mr Kouddane est pertinente à plus d'un titre. Elle décrit la réalité dans son côté sombre. Plusieurs ministres se sont succédé, chacun avec une approche différente de son prédécesseur mais sans résultats tangibles et viables. C'est déséspérant. Seuls sur le terrain, les enseignants doivent être présents sur plusieurs fronts et en contre partie, ils ne récoltent que des expressions d'ingratitude, des prents, de l'administration, des inspecteurs et cerise sur le gâteau des coups de poing et de pied des élèves. Le corps enseignant saigne moralement et physiquement. Tout le monde plaint ce pauvre inspecteur qui se déplace jusqu'à des régions reculées une fois par an mais l'enseignant qui y demeure pour des années durant, on lui fait prévaloir l'intérêt général. Assurez-vous Messieurs les responsables de doter les établissements scolaires de WC où l'enseigant(e) puisse accomplir ses besoins les plus naturels en tant qu'humain avant de se soucier de son évaluation. L'odeur nauséabonde de l'état de nos établissements scolaires fait perdre aux visiteurs tout sens de mesure
modérateur
  • 12. modérateur | 08/03/2009
Merci à si taoufiq pour sa contribution judicieuse, mais qui donne lieu aux remarques suivantes:
1.UNE grille -il ne s'agit pas de la grille proposée- est un outil d'évaluation qui fournit des informations sur les prestations de l'enseignant; elle vaut ce qu'elle vaut, mais c'est l'utilisation qui en serait faite ultérieurement par les différents partenaires qui déciderait de son prolongement formatif ou non.
2.Quand on se pose la question: qu'est ce qu'un x compétent?, il faut s'attendre à une réponse - en existe-t-il une- sans début ni fin car il y aura autant de réponses que de "répondeurs". chacun verra le profil de son angle de vue qui est par définition caméléonesque.
3. je comprends le malaise des uns et des autres mais je ne comprends pas d'une part un certain discours "victimiste" dans lequel certains cherchent à enfermer l'enseignant (tout le monde tient l'enseignant pour responsable des echecs scolaires) ni un discours héroîque qui fait de l'enseignant le seul appelé à être le sauveur du "naufrage". il va sans dire que la responsabilité de l'état actuel est partagée par tout le monde à des degrés différents et que la réforme et le redressement doivent être menés par tous.
4.une grille ne vise pas uniquement la formation, mais elle permet aussi aux méritants de bénéficier de la promotion.
5. puisque l'utilisation de la grille est ajournée, il est donc temps de proposer ce qui pourrait l'améliorer, l'affiner en vue d'en tirer les profits formatifs et sommatifs.
 kouddane Taoufiq
  • 13. kouddane Taoufiq | 08/03/2009
Toute réflexion sur le mode d’évaluation des enseignants doit s’inscrire dans un cadre global. Elle doit tenir compte de leur parcours professionnel à savoir la formation initiale et continue reçues, les conditions dans lesquelles ils exercent….Elle exige qu’on en pense et en repense les prolongements en termes de formation continue et de carrière. Or, la grille, dans sa version actuelle, est fortement orientée vers le résultat et non sur le processus. Pire encore, c’est une grille d’évaluation qui ne dit pas quelle compétence cherche-t-on à évaluer chez l’enseignant. A propos de compétence, qu’est ce qu’un professeur compétent ? Un inspecteur compétent ?...
Une évaluation, digne de ce nom, ne faillirait pas à ses valeurs fondamentales si le contrat engageant les différentes parties est respecté. Là, on est en droit de se poser la question suivante : Qui a failli à ses engagements ; le ministère de tutelle, le corps inspectoral, le corps enseignant, les parents… ?
Le ministère n’a pas les moyens de sa politique, alors il use de la politique de ses moyens, les inspecteurs, eux non plus, ne dérogent pas à cette règle, les parents ont quitté depuis longtemps le bateau ivre de ce système éducatif balloté. L’enseignant- matelot déboussolé est tenu à l’obligation de sauver les passagers de ce bateau ou de périr avec eux. Drôle de logique !
Une obligation de résultats, dans l’absence d’une obligation de moyens, une évaluation verticale faisant fi des valeurs fondamentales sont les deux premiers pas menant au grand désastre
Telle est mon opinion et sans doute partagée par un large public enseignant


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