Propositions- examen 1 BAC

Capacités / savoirs/ connaissances durables vs "contenus" "jetables" !

 

Gestion de l'examen régional: Quelques propositions

(comment préparer l'examen session 4/5 septembre 2020: contribution à la réflexion)

 

L’examen régional s’inscrit dans les changements opérés depuis le 16 mars 2020 (continuité pédagogique, révision du cadre de référence, fixation de nouvelles dates, etc.) à la suite de la propagation du covid-19. Cette session (4 et 5 septembre 2020) constitue donc une expérience inédite et sans précèdent ; c’est pourquoi, elle a suscité beaucoup d’interrogations légitimes et normales auprès des élèves, des professeurs, des parents, etc. on veut savoir comment se préparer psychologiquement, cognitivement et méthodologiquement, comment préparer l’examen, comment optimiser le choix parmi les épreuves proposées, comment rentabiliser ses efforts en amont, comment gérer le temps, etc.

Voici ce que stipule le cadre de référence remanié en mai 2020 : http://baaziz-kafgrab.e-monsite.com/pages/nouveautes/cadre-examen-1bac.html

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C’est à dire que les élèves seront amenés à choisir, parmi trois épreuves, une seule (celle qui leur convient, qui leur apparait abordable et accessible, etc.). Ce qui signifie que chaque élève, en tant que candidat, assumera, seul, toute la responsabilité cognitive, psychologique et morale du choix à effectuer.

L’émergence de cette nouvelle variable (trois épreuves au choix au lieu d’une seule comme c’était le cas dans les conditions normales) exige de nouvelles stratégies de préparation et nécessite de nouvelles techniques de gestion des imprévus. Cette nouvelle situation met les élèves devant les nouveaux défis suivants en plus des défis ordinaires (préparation des contenus, des rubriques de l’épreuve, des compétences rédactionnelles, etc.):

  • Gestion du temps surtout celui lié au choix de l’épreuve (parmi trois) (variable : temps)
  • Gestion du choix de la bonne épreuve qui convient aux potentialités et aux capacités du candidat (variable : pertinence)
  • Gestion des conséquences d’un mauvais choix éventuel et d’un possible retour à la case de départ (variables : temps + psychologie)
  • Gestion d’un excès de confiance ou d’une indifférence injustifiée lors de l’opération du choix (variable : psychologie)

Le principe n’est pas nouveau : il existe déjà en philosophie pour les 2ème années du baccalauréat, mais pour les élèves de la 1ère bac, ils sont confrontés à cette situation pour la première fois dans leur scolarité (et on espère qu’elle sera la dernière incha Allah).

Ainsi, la préparation aux échéanciers régionaux du 4 et 5 septembre 2020 repose sur les principes et les orientations suivants :

  1. Dans une épreuve, l’identité littéraire, culturelle, et « évènementielle » des œuvres se limite globalement à la rubrique (contextualiser : 2 points) ; à part ces deux questions, les connaissances sur les œuvres se neutralisent et n’ont pas d’impact direct sur les autres composantes de l’épreuve, surtout les connaissances théoriques, les définitions, les savoirs narratologiques, etc. (elles seraient importantes pour une formation personnelle, mais pas directement pour l’examen)
  2. L’identité thématique des œuvres est diluée dans l’argumentation, généralement atténuée par de sujets d’actualité (relation parents/enfants, voisinage, travail, respect de la loi, etc.) et incorporée dans l’expression libre et l’angle du point de vue adopté (pour ou contre)
  3. Les questions des épreuves (rubriques : analyser : 6 points et réagir : 2 points) sont transversales à toutes les œuvres littéraires et dépendent essentiellement du texte de base, indépendamment de tel roman ou de telle pièce de théâtre ; il s’agit de questions de compréhension pure, de repérage de figures de styles, de champs lexicaux en rapport avec le texte, de faits de langue, etc. (tout cela dépend du texte retenu et non de la totalité de l’œuvre). Les mécanismes d’identification et de réutilisation de ce type de question ne dépendent pas directement des contenus des œuvres, mais des facultés intellectuelles et psycho-cognitives des élèves.
  4. La production écrite (l’argumentation) se taille la part du lion de la note globale de l’épreuve (50 %)

Trois stratégies découleraient de ces principes, mais qui exigent toutes les trois la lecture linéaire de toutes les œuvres (préparation pour l’examen et formation personnelle) - ou du moins celles qui ont été étudieés en présentiel avant le 16 mars 2020, date de l'arrêt des études et puis du confinement (dans ce cas, cette variable serait retenue dans le processus du choix de l'épreuve):

  1. La stratégie du joueur, du parieur, de l’aventurier : il opte pour une œuvre qu’il prépare exhaustivement dans les détails. Cette stratégie est infructueuse et court des risques majeurs : réduction des chances, probabilité de séduction par une autre épreuve, développement limité des capacités, centration sur des contenus dont la plupart sont  inutilisables dans un examen, etc.
  2. La stratégie de l’exhaustivité : on prépare tout, sans distinction, comme on le faisait dans les temps ordinaires ; cette stratégie a l’avantage de ne rien laisser au hasard, de délimiter tous les contenus des œuvres, etc., mais, dans la situation actuelle, elle court un risque : celui de perdre la faculté du choix (pour ce type de candidat, tout est intéressant, tout est prioritaire, etc.) qui serait fatal dans la gestion chronologique de l’épreuve. L’adoption de cette stratégie, déjà couteuse en temps et en efforts cognitifs, devrait être supportée par des séances de formation autour des techniques de faire un choix rapidement, pertinemment et placidement. Un travail de coaching intensif est requis dans ce sens.
  3. La stratégie de l’expert : on aborde la préparation, non en termes de tout ou rien, mais en termes d’analyse et de synthèse. Analyse des capacités requises pour l’épreuve et synthèse des contenus à préparer, selon les dispositions suivantes :
  • On l’a vu, les deux  seules questions en rapport direct avec les œuvres sont celles de contextualisation dont les réponses sont fixes, définitives, prévues et connues : les élèves doivent développer des capacités pour inscrire un texte dans une œuvre à travers des indices relevés dans un extrait (noms des personnages, lieux, évènements, particularités sociales, traditions, forme des textes, etc.) qui déboucheront sur des grilles synthétiques et globales. On travaillera, dans ce sens, uniquement sur des extraits des trois œuvres au programme, ou du moins celles qui ont été étudieés en présentiel avant le 16 mars 2020, date de l'arrêt des études et puis du confinement:.
  • Pour les autres questions transversales (figures de style, lexique thématique, faits de langue, etc.), on essaie d’installer des réflexes cognitifs et des stratégies de lecture universelles indépendamment des œuvres ; on peut travailler sur des extraits des trois œuvres, ou du moins de celles qui ont été étudieés en présentiel avant le 16 mars 2020, date de l'arrêt des études et puis du confinement: mais on peut également proposer des textes puisés dans des œuvres du même auteur, de la même époque, etc. l’objectif n’est pas de cibler des contenus et des savoirs décontextualisés, nombreux, illimités, variés, rébarbatifs, mais d’installer des capacités et des compétences opérationnelles dans n’importe quelle situation de recherche.
  • Mettre tous les moyens pour une réparation suffisante et pertinente des sujets de la production écrite. Ils sont dotés de  50% de la note globale de l’épreuve. Mais au lieu de se perdre dans des activités de reconnaissances théoriques des types de plans argumentatifs, de types  d’arguments catégorisés dans les traités spécialisés, etc. (on ne demande jamais aux élèves de les rappeler), mais sur des activités pratiques ; c'est-à-dire  les élèves seront amenés à écrire des textes argumentatifs quel que soit le plan argumentatif, quel que soit les types d’arguments utilisés, en insistant davantage sur la correction de la langue (5 points, il ne fait pas l’oublier). Proposer, pour cela, les sujets des épreuves précédentes ou des sujets qui sont l’écho des thèmes qui traversent les œuvres. Le sujet de production écrite, dans le cadre de cette stratégie, pourrait être un critère pertinent du choix de l’épreuve lors de l’examen.

Conclusions:

  1. La stratégie du joueur, du parieur, de l’aventurier est à bannir ; elle est risquée, réductrice et contraignante. Elle entrainera certainement l’échec et la déroute.
  2. La stratégie de l’exhaustivité : elle pourrait être bonne, à certaines conditions (capacité d’endurance,  temps plus conséquent de préparation, encadrement supplémentaire pour bien faire un choix, formation personnelle sacrifiée au profit de la passation de l’examen, etc.). Elle exige donc d’autres formes d’assistance et d’encadrement.
  3. La stratégie de l’expert : elle présenterait l’avantage d’intégrer les techniques, les capacités de faire un choix dans les processus de préparation ; si elle est bien maitrisée, le choix de l’épreuve serait banalisé et facilité. Elle doit être en revanche mise en œuvre avec beaucoup de doigté et d’expertise.
  4. La stratégie de l’exhaustivité et celle de l’expert pourraient être fusionnées (partiellement) à certains niveaux/ moments de préparation.

NB1 : ces recommandations sont valables pour les filières professionnelles (2 œuvres seulement)

NB 2 : les oeuvres étudiées en présentiel avant la date du confinement ( 16 mars 2020) pourraient être une variable pour le choix de l'épreuve si l'on estime que l'oeuvre non étudiée est automatiqument exclue

NB 3: ne pas oublier un peu d’encadrement psychologique qui pourrait prévoir et prévenir certaines situations embarrassantes liées à la gestion du temps. Dans tous les cas, préparer les élèves à faire, du premier coup, le bon choix (voir stratégies infra) qui leur épargnera toute situation malencontreuse.

 

والله ولي التوفيق

 

Date de dernière mise à jour : 15/07/2020

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