Choix des extraits

lecture et ... stratégies de compréhension.

 

 

 Le choix d'un extrait à partir d'un texte intégral dépend toujours de plusieurs critères:

- critère didactique: l'extrait présente un intérêt pour la programmation d'apprentissages, qu'ils soient textuels, linguistiques, valoriels, etc., qu'ils soient cognitifs, méthodologiques, etc.

- critère psychologique: l'extrait est censé viser les préoccupations et les aspirations des élèves (entre 15 et 18 ans); ces préoccupations et ces aspirations pourraient être thématiques, sociales, psychiques, culturelles, technologiques, etc.

- critère méthodologique: l'extrait devrait s'inscrire dans un processus planifié d'actions pédagogiques cohérentes et progressives (dans le cadre d'un projet clairement conçu)

- critère épistémologique: l'extrait serait efficient s'il rend compte de l'oeuvre ou de son génie, s'il est représentatif d'une problématique, s'il est cohérent, s'il présente une certaine "unité de sens"...

 

     La délimitation de l'extrait pourrait se faire en fonction de la pertinence de son analyse. Classiquement, on découpe le texte (la nouvelle par exemple) selon les étapes du schéma narratif. Il s'avère que l'analyse ne rend pas compte de la signifiance des différentes parties d'un extrait qui sont généralement perçues comme des textes/passages/extraits autonomes sans enjeux textuels ou esthétiques. il serait donc interessant d'ajouter à l'extrait retenu, puisqu'il ne s'agit que de situation d'apprentissage, un morceau qui permet de détecter les frontières textuelles de telle ou telle partie. Cette impression de contraste entre les deux parties est à même de rendre compte dans l'esprit des élèves des étapes du récit sans même les nommer ou les soumettre à des définitions métalinguistiques et théoriques. il s'agit, en effet, d'amener les élèves à s'imprégner la structure du texte narratif pour les aider à le comprendre au lieu de les encombrer davantage de savoirs savants (définitions par exemple) externes au texte lui même.

 

un exemple de la nouvelle de Maupassant, Aux Champs

Les deux chaumières étaient côte à  côte, au pied d'une  colline, proches d'une petite ville de bains. Les deux paysans besognaient dur sur la terre inféconde  pour élever tous  leurs petits. Chaque ménage en avait quatre. Devant les deux portes voisines,  toute la marmaille grouillait du matin au soir. Les deux  aînés avaient  six ans et  les deux cadets quinze mois  environ   ; les mariages,  et, ensuite,  les naissances s'étaient produites à peu près simultanément dans l'une et l'autre maison.

 

Les deux mères distinguaient à peine leurs produits dans le tas ; et les deux pères confondaient tout à fait. Les huit noms dansaient dans leur tête, se mêlaient  sans cesse ;  et, quand il fallait en appeler un, les    hommes     souvent  en   criaient  trois avant   d'arriver au véritable.

 

La première des  deux demeures, en  venant  de la station  d'eaux  de Rolleport, était occupée par les Tuvache, qui avaient trois filles et un garçon ; l'autre masure abritait les Vallin, qui avaient une fille et trois garçons.

 

Tout cela vivait  péniblement de soupe,  de   pommes de terre et   de grand air. A sept heures,  le matin, puis à midi, puis à six  heures, le soir,  les ménagères réunissaient leurs mioches    pour  donner la pâtée, comme  des gardeurs d'oies assemblent leurs bêtes. Les enfants étaient assis, par rang d'âge,   devant la table  en bois, vernie par cinquante ans d'usage. Le dernier moutard avait à peine  la bouche au niveau de  la planche. On  posait devant eux l'assiette creuse pleine de pain molli dans l'eau   où avaient  cuit  les pommes de  terre, un demi-chou et trois    oignons ;  et toute la lignée mangeait  jusqu'à plus faim. La mère empâtait elle-même  le petit.  Un peu de viande au pot-au-feu, le dimanche, était une fête  pour tous ;  et le père,  ce jour-là, s'attardait au repas en répétant : "Je m'y ferais bien  tous les jours."

 

Par un   après-midi  du    mois d'août,   une légère voiture s'arrêta brusquement devant  les  deux chaumières,  et une    jeune femme, qui conduisait elle-même, dit  au monsieur assis  à  côté d'elle : «Oh ! Regarde, Henri, ce tas   d'enfants   ! Sont-ils jolis, comme   ça,  à grouiller dans la poussière."

 

PS1. Ce dernier paragraphe, qui fait partie d'une étape différente, permet d'éclairer suffisamment la partie antérieure.

PS2. bien sûr, reprendre le morceau "ajouté" à cette étape pour l'extrait suivant puisqu'il y est attaché; et ansi de suite

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