Durée des compétences au collège

.... un "Savoir", une séance, une séquence, une compétence .

 

Certains collègues inspecteurs et enseignants ont soulevé la remarque suivante à propos de la durée des compétences dans le curriculum du collège. Ils défendent l’idée selon laquelle on peut réduire la durée à une séquence et reprendre d’autres genres narratifs pour le reste du semestre, surtout avec l’apprentissage de la nouvelle en 3ème année collégiale. On peut, selon eux, gérer la nouvelle en deux semaines par exemple et programmer, par la suite, la rédaction d’un conte, d’un fait divers, etc.

Il est vrai que cette position est animée d’une vision positive de la progression didactique, mais il me semble qu’elle ne se démarque pas de la logique de la quantité et des contenus qui met l’accent sur le nombre de genres étudiés plutôt que sur la logique de la qualité et de l’évolution des apprentissages.

Sans évoquer les contraintes liées au curriculum, déjà existant, qui s’inscrivait dans une logique de contenus qu’il fallait aligner sur la logique des compétences et de l’approche actionnelle (objectif fondamental du projet « Agir autrement … »), voici les critères qui ont motivé les choix en vigueur :

  • Facteur chronologique : La construction d’une compétence exige une durée suffisante et  une enveloppe horaire conséquente : on ne peut prétendre développer une compétence pendant une séance, une semaine ou une séquence. Apprendre à écrire une nouvelle (réaliste, policière, fantastique, etc.) est une compétence à part entière qui necessite une durée proportionnelle aux apprentissages prévus.
  • Facteur cognitif : une compétence s’organise autour d’un grand nombre d’acquis de type et de dimensions variés : savoirs, capacités, comportements, savoir-faire, savoir-être, valeurs, méthodes de travail, etc. Quand on apprend par exemple la situation stable de départ (situation initiale) d’une nouvelle, l’on ne réduit pas les apprentissages à la dimension structurelle et linguistique, mais les apprenants développent en plus des savoir-faire, des savoir-être, des savoirs encyclopédiques, etc. Elle nécessite, par conséquent, un ensemble d’activités et de leçons conséquentes qui ne peut être réduit à une petite séquence.
  • Facteur pédagogique : l’apprenant est en situation d’apprentissage, il a beaucoup de difficultés, il s’agit pour lui d’apprendre une langue à travers l’élaboration d’un projet d’écriture ; ce qui exige un investissement progressif dans la répartition des savoirs sous forme d’unités assimilables proportionnellement à une durée donnée.
  • Facteur curriculaire: la construction d’une seule compétence permet un travail sur la qualité des processus d’apprentissage  (être dans l’esprit des compétences) alors que proposer plusieurs pour une période donnée s’inscrit dans un travail sur la quantité (être dans l’esprit des contenus)
  • Facteur temporel : dans une situation réelle, un projet de ce type peut être réalisé en continu en trois ou quatre jours mais, la logique et les contraintes  scolaires font qu’il est étalé sur plusieurs semaines (4 h/semaine)

 

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